Retour aux rapports
Rapport quotidien
13 août 2026
6 min de lecture

Le risque en mer Noire a dominé alors que les céréales et les oléagineux conservaient une prime logistique

Les marchés sont restés globalement soutenus le 13 août, alors que l’intensification des frappes contre les céréales et les infrastructures portuaires de la mer Noire a accru les risques à l’exportation et au transport maritime. Toutefois, une partie du ton haussier a été tempérée par des informations faisant état d’une possible trêve en mer Noire et de signaux d’offre plus souples en provenance des Amériques pour le maïs et le soja.

Vue d’ensemble

Le thème dominant de la journée a été le risque de perturbation des exportations en mer Noire. Une longue série d’informations a fait état de frappes sur des terminaux céréaliers, des ports, des navires et des infrastructures logistiques autour de Novorossiysk, d’Odesa et des routes liées au Danube, ainsi que d’affirmations selon lesquelles les exportations ukrainiennes de céréales étaient fortement contraintes ou presque à l’arrêt. Pour les marchés agricoles, cela s’est traduit par une hausse des risques logistiques, d’assurance et d’expédition pour le blé, le maïs, l’orge et le complexe du tournesol. Cette prime de risque a été le moteur le plus clair de la séance.

Dans le même temps, la situation n’était pas orientée à la hausse dans un seul sens. En fin de journée, des informations ont émergé au sujet d’une possible trêve en mer Noire ou d’une proposition visant à mettre fin aux attaques contre le transport maritime civil, ce qui pourrait réduire le risque à l’exportation si cela était mis en œuvre. En dehors de la mer Noire, les marchés ont également reçu des signaux d’offre contrastés : la sécheresse européenne était un facteur de soutien, mais des superficies record de maïs et de soja aux États-Unis, des perspectives plus élevées pour le maïs brésilien et la pression des récoltes sur le blé ont apporté des contrepoids baissiers.

Facteurs haussiers

  • L’escalade en mer Noire a été l’influence la plus forte sur le marché. Plusieurs informations ont indiqué que des frappes avaient touché des terminaux céréaliers, des ports, des navires et des infrastructures d’exportation, augmentant le risque de retards d’expédition ou de perturbations pures et simples.
  • Plusieurs éléments ont suggéré que les exportations ukrainiennes de céréales étaient proches de l’arrêt ou fortement restreintes, ce qui implique une offre disponible plus serrée en provenance d’une grande région exportatrice.
  • Des informations sur des fermetures de ports russes et l’arrêt de l’activité des terminaux céréaliers à Novorossiysk ont également été favorables, en particulier pour le blé, car la Russie est un grand fournisseur mondial.
  • La sécheresse européenne a ajouté une autre couche de soutien en menaçant les rendements du maïs et des cultures plus largement dans plusieurs pays, avec un possible effet de contagion sur les coûts de l’alimentation animale.
  • Aux États-Unis, l’extension de la sécheresse sur le blé de printemps et une information selon laquelle l’USDA a réduit les stocks de blé ont apporté un soutien au blé.
  • Pour le soja, de fortes ventes à l’exportation américaines et des informations faisant état d’achats chinois plus soutenus ont offert un soutien du côté de la demande.

Facteurs baissiers

  • Le principal facteur compensatoire a été l’apparition d’informations sur une possible trêve en mer Noire ou une proposition visant à arrêter les attaques contre les navires civils. Si un tel accord était mis en œuvre, les risques liés au transport maritime et à l’assurance pourraient s’atténuer et une partie de la prime de guerre pourrait disparaître des prix.
  • Pour le maïs et le soja, des informations faisant état de superficies semées combinées record aux États-Unis ont pointé vers des disponibilités plus importantes pour la nouvelle récolte et ont pesé sur les anticipations de bilan à terme.
  • Les perspectives plus élevées pour le maïs au Brésil de la CONAB ont constitué un signal baissier pour les marchés mondiaux du maïs et de l’alimentation animale.
  • Pour le soja en particulier, des informations indiquant davantage de superficies de soja aux États-Unis ont été négatives pour les perspectives d’offre de soja.
  • La progression vers le nord de la récolte de blé en Amérique du Nord impliquait également l’arrivée de nouvelles disponibilités sur le marché, même si la pression semblait limitée.

Notes par matière première

  • Blé : le gagnant le plus net de la journée. Le risque de perturbation en mer Noire, les problèmes portuaires russes, la sécheresse sur le blé de printemps aux États-Unis et des stocks de blé plus faibles ont tous été des facteurs de soutien.
  • Maïs : le soutien lié au risque logistique en mer Noire et à la sécheresse européenne a été en partie compensé par des nouvelles baissières sur les superficies et l’offre brésilienne. Le signal était mitigé, mais la géopolitique a maintenu un biais légèrement plus ferme.
  • Orge : a surtout suivi l’histoire plus large des céréales de la mer Noire, le risque à l’exportation dans la région restant favorable.
  • Tournesol : il n’y avait pas de détails directs sur les prix, mais les frappes contre les infrastructures céréalières et oléagineuses de la mer Noire ont soutenu le complexe du tournesol via le risque logistique.
  • Soja : les nouvelles sur la demande ont été constructives, en particulier en provenance de la Chine et des ventes à l’exportation américaines, mais des superficies plus importantes et des anticipations d’offre plus élevées ont limité le potentiel haussier.

Conclusion

Le ton général a été modérément haussier, sous l’impulsion du risque de perturbation en mer Noire. Ce facteur a dépassé les signaux baissiers d’offre en provenance des États-Unis et du Brésil, en particulier pour le blé. Toutefois, le marché n’était pas uniformément haussier : le maïs et le soja ont présenté un équilibre plus mitigé, et tout progrès crédible vers une trêve sur le transport maritime en mer Noire pourrait rapidement réduire la prime de risque.